Week-end de fête nationale dans le Jura du Sud – du 17 au 22 juillet 2009

Olivier et Eric avaient longuement rêvé sur les topos du Jura du sud, Alain et Emilie avaient quant à eux surfé tout leur saoul sur les sites Internet spéléo liés aux mêmes lieux. Et pourtant… Olivier, se disant que décidément, il préférait profiter du soleil belge ce WE, nous avait lâchement laissé tomber à moins d’une semaine du départ, prétextant une prétendue hernie… à d’autres ! Nos valeureux aventuriers avaient néanmoins pris la résolution de mener à bien leur quête, envers et contre tout.

Ce vendredi 17 juillet, nous embarquons donc à bord du fidèle destrier d’Eric, reconvertit pour l’occasion en transporteur-de-sacs-spéléos-pleins-de-terre. Bruno, cousin d’Eric et digne représentant des fistuleuses est de la partie. Nous rejoindrons Alain dimanche matin, puisqu’il a pris de l’avance et se trouve déjà sur place pour des vacances en amoureux avec son épouse, Ghislaine (c’est la maman d’Emilie, qui décidément part en vacances familiales ;-) ). Après une chevauchée sans histoire sur les routes du Royaume de Belgique et de la République française, nous atteignons notre premier relais, le camping de Lure. Souper sous la bruine et dodo sous tente clôturent cette journée d’aventures trépidantes.

(Trop) tôt matin, Eric nous réveille au son du réchaud et des casseroles : il nous a préparé la table du pt’it déj. En route pour le Gouffre de Pourpevelle. Arrivés sur place, nous constatons que nous ne sommes pas seuls : 2 voitures de parisiens et une voiture allemande s’y trouvent déjà. Les parisiens sont déjà descendus tandis que le belge et son amis écossais circulant en voiture allemande se préparent. On échange quelques mots, ils partent puis nous partons.

Premier puits d’accès à la grotte sans problème. Deuxième puits. Il y a plusieurs ressauts, des fractios, puis du plein pot. Eric qui équipe rallonge la corde avec une autre corde de 20 mètres. Mais c’est insuffisant. Il remonte, Bruno déséquipe le haut pour réduire le mou tandis qu’Emilie fait un petit somme sur son ressaut, le kit sous la nuque pour plus de confort. Bruno et Eric la rejoignent ensuite. On fait un petit flash info « passage de nœuds sur corde » à tout hasard et on se querelle un moment sur le « best way » pour gérer ledit passage. Eric redescend, passe le nœud. Emilie descend, passe le nœud non sans s’arracher le bras gauche au passage. Bruno passe le nœud et atterrit à côté de 2 autres. Tiens, c’est bizarre… une corde statique qui s’allonge de 3 mètres… petit coup d’adrénaline : c’est quoi cette corde qui s’allonge ? Emilie remonte sur la corde de l’équipe de parisiens pour inspecter notre propre corde : RAS… C’est encore plus inquiétant car inexpliqué ! On finit par se dire qu’on remonte et qu’on renonce pour aujourd’hui. Eric remonte le puits. A ce moment arrivent le belge et l’écossais qui acceptent de laisser leur corde pour nous… Eric redescend !

Bref, on a quand même finit par visiter cette grotte. On s’est arrêtés à la voûte mouillante – siphonante qui ne mouillait ni ne siphonnait. Emilie a sonné la fin de notre rando souterraine en disant qu’elle était fatiguée (le ramping, y’a pas à dire, ça tue !). Eric et Bruno ne se sont pas fait prier pour dire qu’eux aussi rebroussaient chemin. De toute façon, on devra revenir avec Olivier et Alain.

Après une (trop) courte nuit, nous reprenons la route pour descendre plus au sud et rejoindre Alain. Il nous rejoint au camping que nous quittons rapidement, bien décidés à expérimenter le canyoning. Le site est magnifique, la cascade est grandiose, mais il y a beaucoup trop d’eau. On se console en jouant dans l’eau avec nos néoprènes. Eric va s'amuser sous la grande cascade... sans néoprène. Il revient tout blanc ! Il sont fous ces spéléos... On finit par sauter dans une marmite à partir d’un rocher qui la surplombe de 3 mètres. Ce n’est pas grand-chose 3 mètres ? Eh bien, ça nous suffit pour être impressionnés ! Deux sauts : un premier où c’est vraiment difficile de se lancer et puis un deuxième où ce l’est presque tout autant. Après les jeux d’eau, nous décidons de descendre le long de la cascade en rappel. A peu près 40 mètres de descente splendide grâce à Bruno qui a équipé. Eric profite tout particulièrement des plaisirs aériens (mais pourquoi t’es encore tout blanc ???).

Mention spéciale à Alain, dont c’est aujourd’hui le 67ème anniversaire, et qui cumule les toutes toutes premières fois : première descente en rappel et premier saut dans l’eau d’une hauteur de sa vie ! Respect. Joyeux anniversaire Alain ! La journée se termine sympathiquement dans une taverne, pour un resto qui nous est offert par Alain et Ghislaine, à l’occasion de l’annif d’Alain. C’est une soirée chaleureuse et agréablement arrosée qui vient merveilleusement clôturer notre journée de repos. Ghislaine, en sortant, s’adresse à l’un des serveurs : « vous avez un jour de congé ? ». L’autre : « ben oui ». Elle réplique : « c’est quand ? ». Réponse : « mardi midi ». Et Ghislaine : « c’est pour savoir quand vous êtes là ». Le jeune « vous avez eu un problème avec l’un des serveurs ? ». Eclat de rire total : maman parle du jour de fermeture de la taverne, le serveur parle de son propre jour de congé et se demande s’il se fait draguer. Nous sortons du resto, pliés en deux de rire. Lundi déjà. Jour de notre visite à la Borne aux Cassots pour laquelle nous avons obtenu l’autorisation. Le temps est au beau fixe. Mais Alain nous annonce qu’il ne sera pas des nôtre : il s’est tordu le majeur durant nos jeux d’eau d’hier.

Nous nous mettons en route, espérant que le siphon d’entrée ne sera pas trop rempli et que nous pourrons passer. Et nous passons. Facilement puisque nous nous mouillons à peine les bottes : il n’y presque pas d’eau. La grotte est gigantesque : nous marchons dans des couloirs immenses, larges d’une dizaine de mètres et hauts de plus de 30 mètres. Il y a peu d’étroitures, mais Emilie ne manque pas de se plaindre de l’agence de voyage à chaque rétrécissement. Nous visons le réseau supérieur dans le réseau Alain. Et nous l’atteignons, pour le plus grand plaisir de nos yeux : fistuleuses, excentriques, cristaux, gours,… d’une blancheur éclatante. Bruno mitraille avec son appareil photo numérique.

Une étroiture un peu étroite, franchie par Eric en éclaireur, nous permet de boucler la boucle et de rejoindre le collecteur, d’où nous repartons gaillardement vers la sortie. Le retour est nettement plus rapide que l’aller, nous battons tous les records et sommes dehors à 20h30 : nous avons divisé notre temps de marche par 2 ! C’est ce qui s’appelle sentir l’écurie.

Crochet par chez Alain et Ghislaine sur le retour, verre de vin en guise d’apéro devant leur gîte, puis retour au camping pour une nuit de repos bien méritée. Mardi est le jour du retour : rangement, nettoyage du matos et journée de route. L’occasion de discuter de l’avenir du club et de la stratégie que nous devrions mettre en place pour recruter plus de jeunes. On a plein d’idées !!! En résumé : un magnifique week-end, une belle ambiance d’équipe, des grottes impressionnantes. Bref, que du bonheur…malgré les courbatures !

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